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Sainte Famille

Publié le 31 décembre 2025

Tu as voulu Seigneur Dieu que la sainte Famille nous soit donnée en exemple. C’est le début de la prière d’ouverture de cette messe. Vous vous souvenez ? Ensuite, les prières du missel en ce jour de la Sainte Famille évoquent, sans les définir, les vertus de la famille. « Apprends-nous à pratiquer, comme la Sainte Famille, les vertus familiales. »

Il faut sans doute se demander :

Quelles sont ces vertus que la sainte Famille pratique ? Quelles sont ces vertus familiales ?

Que voyons-nous, qu’entendons-nous dans les textes évangéliques ?

En Saint Marc et Saint Jean, rien. Il faut regarder en Sain Matthieu et saint Luc ce qui est dit.

Saint Matthieu commence par la généalogie de Joseph le père putatif, pépé comme disent les Espagnols, padre putativo. L’évangéliste termine la généalogie par « Jacob engendra Joseph, époux de Marie, Mère de Jésus ». Puis il nous dit comment joseph entend   l’appel du Seigneur. Joseph l’homme aux songes, comme le Joseph, lui aussi fils de Jacob qui avait accueilli ses frères en Egypte longtemps avant et que ses frères appelaient « l’homme au songe ». Et nous entendons ensuite l’annonce, en une phrase, de la naissance de Jésus. Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Ensuite voilà les mages, la famille est plutôt élargie, puis la fuite en Egypte, le massacre des innocents et le retour à Nazareth d’où étaient partis Joseph et Marie. Beau pèlerinage !

Ce qu’il en ressort ?

La famille est enracinée : généalogie, Jésus naît dans une histoire et un lieu

A l’écoute de Dieu : songes de Joseph

Accueillante à l’étrangeté : les mages

En danger : le massacre des enfants bien sûr innocents.

Prudente et protectrice : Joseph évite la Judée et reviens dans le nord

Tout de suite après on passe à Jean-Baptiste et au baptême de Jésus, adulte.

Regardons en Saint Luc pour voir ce qui nous manque :

Pas de généalogie mais un enracinement religieux puissant, près du temple. La parenté avec Elisabeth et son mari Zacharie, prêtre au service du culte dans le temple. Jean-Baptiste au désert. Des hymnes : Magnificat de Marie à la visitation, Benedictus de Zacharie à la naissance de Jean-Baptiste, Gloire à Dieu des anges à la naissance de Jésus, avec des détails sur la naissance : nous les connaissons bien, peut-être en avons-nous rajouté dans nos crèches. En tout cas ce ne sont plus des mages qui les visitent mais des bergers (C’est moins classe). Le récit se prolonge avec le Nunc dimitis du vieillard Siméon à la circoncision. Puis, lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. Tous ces hymnes sont chantés quotidiennement par l’Église.

Il faut ajouter là, puisque nous regardons cette sacrée famille en St Luc, la fugue de Jésus que ses parents ont retrouvé dans le temple, récit entouré de la mention de la croissance de Jésus en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes. C’est dit avant et après le récit de cette disparition de Jésus pendant 3 jours.

Je me résume. Qu’avons-nous vu en cumulant les deux sources, puisque nous cherchons là les vertus familiales ?

Une famille enracinée : généalogie, Jésus naît dans une histoire, un lieu et une religion par laquelle ils font une vraie expérience de Dieu. Luc insiste sur le temple. Chez Luc l’évangile commence et finit au temple.

Une famille à l’écoute de Dieu : songes de Joseph, expérience spirituelle de Marie

Une famille accueillante à l’étrangeté : des bergers et les mages. Le spectre des fréquentations est large !

Une famille en danger : le massacre des enfants.

Une famille prudente et protectrice : Joseph évite la Judée et reviens dans le nord.

Et enfin une famille émancipatrice. Cette histoire de Jésus au temple, en la caricaturant à peine, ça pourrait donner lieu aujourd’hui à un signalement, à une « alerte enlèvement », ou même, on n’ose pas l’imaginer cela : à une baffe et au lit sans manger mais, mais c’est ici à la place d’une gifle, une interrogation : ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait et ils vont le laisser grandir en faisant confiance à Dieu.

Alors, que fait-on de cela, de ce parcours dans les saintes Ecritures pour ce qui est des vertus familiales (vertus, pas simplement valeurs) nous avons quelques critères pour agir :

Enracinement dans le monde et dans la foi ;

Accueil et présence aux autres ;

Prise en compte des circonstances pour faire ses choix de vie et ne pas s’exposer inutilement au danger, Nous pouvons penser aux enfants des pays en guerre aujourd’hui.

Emancipation de l’enfant, chasteté dans les relations : ni trop loin, ni trop près. Emerveillement devant cet enfant à qui on apprendra quand même un métier. On peut remarquer par ailleurs que l’on dit beaucoup plus souvent de Jésus qu’il est fils du charpentier plus que charpentier lui-même.

Au cours de l’histoire et au fil des événements et des évolutions l’Église élabore une pastorale de la famille. La Sainte Famille n’est pas un modèle à reproduire tel quel car, et je cite là  Michel Serres, philosophe et historien des sciences, qui n’est pas un père de l’Église mais qui donne à réfléchir.

« Dans la Sainte Famille, le père n’est pas le père : Joseph n’est pas le père de Jésus, le fils n’est pas le fils : Jésus est Fils de Dieu, pas de Joseph. Joseph, lui, n’a pas fait l’amour avec sa femme. Quant à la mère, elle est bien la mère mais elle est vierge. »  C’est quand même original et nous n’avons cela en aucune autre famille dans ce monde.

Devant la complexité des situations anciennes et nouvelles, l’Église nous donne des moyens d’accompagnement pour les familles : préparation au mariage, Mouvements vivre et aimer, Equipes Notre Dame, et d’autres. Et nouvellement à Bordeaux la maison Familya à Talence qui est une œuvre diocésaine au service des familles. Je vous la recommande pour que vous puissiez la recommander à votre tour. Nous avons là une manière d’aider les couples. Consultez le programme et vous verrez.

Nous vivons, dans nos familles, des situations que nous ne comprenons pas. Des personnes homosexuelles, des personnes qui changent de sexe, des demandes de baptême pour des enfants de couples homosexuels, etc. … Que faire ? Que dire ? Comment les aimer car, en toute situation nous sommes appelés à aimer les personnes que Dieu nous donne à rencontrer.

Confions nos familles au Seigneur. Soyons humble devant nos situations et en toute circonstances soyons aimant devant les situations autres que nous pouvons connaitre.

Père Gérard Faure