Temps de l’Esprit
Les dimanches du Temps Pascal nous écoutons les Actes des Apôtres. Voici quelques lignes pour nous y préparer.
Les apôtres, agents et vecteurs de la mission
Depuis le II° siècle, le livre des Actes des apôtres est considéré, à juste titre, comme le seconde partie de l’œuvre de Luc. On y montre comment les « actes et enseignements » de Jésus de Nazareth se prolongent dans l’activité des douze apôtres, puis dans celle des disciples de la deuxième génération. Le livre débute par où s’achève l’évangile de Luc : le récit de l’Ascension à Jérusalem. De là, on suit la trajectoire de la Bonne Nouvelle jusqu’à Rome (28,16), ce qui veut dire « aux extrémités de la terre ».
L’ouvrage est rédigé entre 75 et 80, à Antioche ou quelque part en Asie mineure et peut-être à Rome. Il s’adresse à des chrétiens issus du monde gréco-romain. Il veut témoigner auprès d’eux que l’origine de la mission universelle de l’Eglise se trouve dans le témoignage de la première communauté judéo-chrétienne de Jérusalem, elle-même héritière de l’élection d’Israël.
Le livre des Actes se divise en deux grandes parties :
1,12 – 15,35 sans trop de cohérence, c’est une mosaïque de divers épisodes : leur lien unique est qu’ils illustrent tous la progression du christianisme naissant.
15, 36 – 28,31 c’est le récit d’un voyage qui conduit Paul de Tarse depuis Antioche jusqu’à Rome, le bout du monde d’alors, où il meurt. On perçoit quelque chose d’analogue au déplacement de Jésus de Galilée à Jérusalem.
Une composition à la manière des historiens contemporains
Luc s’inspire des témoignages historiographiques que l’on trouve chez Polybe, Denys d’Alicarnasse, Tacite, Tite-Live, Salluste et Flavius Josèphe.
- La dramatisation du récit, dans le but de mieux solliciter le lecteur. Certaines séquences l’illustrent en priorité : La Pentecôte (2), le Martyre d’Etienne (6-7), la conversion de Corneille (10), le concile de Jérusalem (15), la mission de Paul à Athènes (17,16-34), les procès successifs (31-36). L’auteur n’est pas servile à l’égard de ses sources. En dépit de ses choix et de son art, il demeure bon historien.
- Les discours insérés dans les séquences narratives comme autant de dialogues immédiats entre le héros et le lecteur.. Ils énoncent la leçon profonde de l’histoire racontée. C’est un procédé que d’autres utilisent à l’époque.
- L’imitation de forme ou de style en fonction du propos ou des dextinataires, avec un penchent pour l’archaïsme. La Septante est souvent le modèle rhétorique : il dote la description des débuts de l’Eglise d’une note sacrée.
- Les résumés (2,42 ; 4,32 ; 5,12) qui comblent les vides entre les épisodes stylisés, surtout dans les cinq premiers chapitres pour lesquels l’information de l’auteur est volontiers fragmentaire.
Gérard Faure+
D’après LA BIBLE Histoire, Textes et Interprétations. André PAUL. Chez Repères pratiques. Nathan