Semaine Sainte
La cathédrale était bien remplie ; l’assemblée quasiment unicolore était unanime dans le chant, diverse dans l’expression corporelle, d’âge varié mais plutôt jeune. Nous étions arrivés là pour conclure notre pèlerinage sur les traces d’Albert Peyriguère, prêtre bordelais et nous venions pour célébrer l’Eucharistie finale présidée par le P. Cristóbal López Romero évêque de Rabat, capitale du Maroc.
L’assemblée restée pour la messe, hormis les 14 diocésains de Bordeaux, était noire. Le curé, Bissau-Guinéen aussi.
Les chrétiens, tous étrangers au pays, sont pourtant biens considérés et il est bien dit que le Maroc n’est pas une terre musulmane. Le roi se présente d’ailleurs comme le commandeur de tous les croyants et son discours pour accueillir le pape François le 30 mars 2019 en témoigne quand il dit que les trois religions abrahamiques n’existent pas pour se tolérer […], elles existent pour s’ouvrir l’une à l’autre et pour se connaître, dans un concours vaillant à se faire du bien l’une l’autre. »
Ce que les chrétiens sont au Maroc, nous le sommes tous sur cette terre : des hôtes. Au moment de célébrer Pâques, regardons dans le Christ mort et ressuscité celui qui est l’Alpha et l’Omega de la vie. Il a pris notre condition humaine pour que nous accueillions notre condition divine. Témoignons-en plus que par notre optimisme mais par notre Espérance d’une humanité enfin réconciliée.
Gérard Faure+