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Liane 5 n° 217 – Dimanche 16 novembre 2025

Publié le 26 novembre 2025

 J’aime bien imaginer Jésus autour du temple avec ses apôtres qui admirent la construction restaurée par Hérode, comme nous faisons nous-mêmes devant la cathédrale Notre-Dame de Paris par exemple, ou plus simplement celle de Bordeaux, ou encore la flèche Saint-Michel, ou même le presbytère de la paroisse … Bref, alors que tous admirent, Jésus jette un froid comme il sait parfois le faire. Il leur dit :

St Matthieu 24, 2 « Vous voyez tout cela, n’est-ce pas ? Amen, je vous le dis : il ne restera pas ici pierre sur pierre ; tout sera détruit. »:

St Marc 13, 2 : « Tu vois ces grandes constructions ? Il ne restera pas ici pierre sur pierre ; tout sera détruit. »

St Luc 21, 3  « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »

Pour casser l’ambiance, Jésus est champion ! D’autant qu’il profite de la situation pour prononcer un discours  eschatologique,  dans un style littéraire apocalyptique

Mais dans quel but les évangélistes nous rapportent-ils cela ?

Le premier écrit, Marc, date de 70, Matthieu et Luc sont postérieurs, Les trois partent de la même source. Pour info, et ce n’est pas ici sans importance, le temple est détruit par les Romains en 70. Il s’agit alors d’encourager les chrétiens dans leurs épreuves. Leur vie, tout particulièrement la chute de Jérusalem, mais aussi les bouleversements du monde, est au cœur des épreuves, les épreuves sont au cœur de leur vie. Ceux qui attendaient une spiritualité du bien-être, comme certains aujourd’hui, en sont pour leur frais : on se moquera de vous, on vous persécutera, on vous méprisera, on vous fera passer devant les tribunaux. C’est prévu, même si ça ne suffit pas pour faire de  nous des prophètes, c’est prévu, ne nous en étonnons pas.

Mais à la fin, puisque ces paroles sont destinées à  nous montrer que ce chemin conduit à un but, à la fin, c’est un éblouissement parce que c’est une rencontre. Comme le dit Saint Jean de la Croix, « je sais que quelqu’un m’attend, je sais qu’un amour m’attend« .

Aujourd’hui, quelles que soient les épreuves, nous connaissons déjà cet éblouissement en étant appelés  à vivre dans ce monde avec l’amour de Jésus dans notre cœur. Il s’agit de faire advenir un monde nouveau, de prier et d’agir pour que la terre soit comme le ciel ; nous le disons dans la prière à Notre Père.

Notre vie a un sens, notre vie personnelle comme la vie de l’humanité considérée dans son ensemble. Ce sens est celui d’une marche active vers la révélation totale, l’Apocalypse.  Nous le disons (le proclamons-nous ou le murmurons-nous ?) à chaque célébration de la messe :

« nous qui attendons que se réalise
cette bienheureuse espérance :
l’avènement de Jésus Christ, notre Sauveur.

Car c’est à toi qu’appartiennent le règne,
la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles ! »

                                                                                            Bonne route !  Gérard Faure+   

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