À venir

Fermer la recherche

Liane 5 n° 183 Dimanche 23 mars 2025

Publié le 24 mars 2025

Mais il y a un problème amusant : Si l’on considère le calendrier Julien, Bach est né le 21 mars 1685, un mois après Haendel (LIANE 5 n° 179), si l’on prend le calendrier grégorien, il est né le 31 mars.

Le calendrier grégorien a succédé au calendrier Julien dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582, longue nuit pendant laquelle Santa Teresa de Jesus, alias Teresa de Ávila, la Santa, la Madre en a profité pour aller voir Dieu. Mais les pays protestants n’ont pas fait le passage au même moment pour ne pas obéir au pape Grégoire XIII. Ensuite, peu à peu, le monde entier s’y est mis d’une façon ou d’une autre.

 JESUS QUE MA JOIE DEMEURE

Que les lecteurs musicologues me pardonnent, ainsi que les protestants même s’ils ne sont pas tous luthériens comme Bach, mais je me risque, sachant même que je vais être inévitablement rapide ! Je demande encore plus d’indulgence, au singulier, aux musicologues luthériens et aux luthériens musicologues ! J’en demande aussi aux lectrices allemandes de cette lettre (si, si, il y en a !!)

Jean-Sébastien Bach est un croyant, un croyant qui lutte dans sa foi, qui lutte avec Dieu.

Quelque part il est Job, quelquefois il est l’incompris des hommes et se croit incompris du Seigneur, il est aussi dans la foi pascale !    (Je vous recommande à ce sujet l’excellent spectacle du non moins excellent Alexandre Astier)

Veuf, remarié, ayant perdu plusieurs enfants dont certains sont nés, ont étés baptisés et enterrés le même jour, on comprend qu’il y ait un combat entre Dieu et cet homme. Quand il compose la plus populaire de ses cantates , le Cantor est, en plus du reste, en conflit avec son fils aîné qui est couvert de dettes et avec le conseil municipal de Leipzig, son employeur.

Et que compose-t-il à ce moment là ? « La cantate (BWV 147) que vous connaissez tous. Cette cantate, faite pour être chantée, d’où le nom, a été transposée à de multiples reprises et vous ne pouvez pas ne pas l’avoir entendue, même si vous avez grandi au fond d’une forêt africaine !

Son titre ?  « Jésus, que ma joie demeure »

Dans son livre « Bach », Marc Leboucher*  rectifie la traduction imparfaite du titre habituel. Sa thèse est qu’il faut comprendre non pas Jésus que ma joie demeure mais : Jésus demeure ma Joie.

 Non, ce n’est pas pareil. « Jésus demeure ma joie » c’est : Seigneur Jésus, malgré ma tristesse, mes angoisses, mes deuils, mes doutes, mes difficultés, mes insatisfactions … malgré mes morts, je le dis : Jésus demeure ma joie. C’est une proclamation de foi 

Mais ce titre peut aussi être entendu comme une demande : Jésus demeure ma joie !

Même sans son talent, puissions nous, au cœur même de notre vie, savoir nous tourner vers le Seigneur en lui disant, en lui criant et pourquoi pas en lui chantant :

JESUS DEMEURE MA JOIE !

Comme je l’ai fait il y a un mois pour Haendel je me permets de vous partager mes deux œuvres favorites :

1/ Le Magnificat, d’abord. je l’écoutais  en particulier le soir dans ma voiture quand je circulais beaucoup.

2/ Le chœur final de la passion selon St Jean, entre autres raisons parce que je veux faire comme Jésus, être enseveli dans un tombeau. Mais ce ne sera pas moi qui le ferai. Et surtout  cette musique est pleine de paix et d’espérance

Gérard FAURE+ 

* BACH par Marc Leboucher page 264 (Folio biographies)